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Epstein, Chopra et ce que ça dit de notre souveraineté à reconquérir

21 février 2026

Dans mon fil, il y a de nombreuses personnes qui vivent dans des pays anglophones, et beaucoup de publications concernent le dossier Jeffrey Epstein ( dans un premier temps), puis Deepak Chopra ( dans les milieux spirituels).

J'en ai lu quelques unes, puis j'ai essayé de les éviter, car en tant que victime de violences sexuelles dans mon enfance, ça fait remonter des flashback et des cauchemars.

Je suis mitigée par ce que je vois, parce qu'au delà de l'horreur, ça nous montre surtout des enjeux de pouvoir, des complicités, des stratégies où on ferme les yeux plutôt que de préserver la dignité humaine, et la vulnérabilité des plus jeunes.

Mais quand même, ça me questionne que ce soit montré tel quel au monde, sans tri: ça ressemble encore beaucoup aux stratégies de Trump de choquer, et d'avancer sur d'autres motifs plus cachés.

Pour revenir à Deepak Chopra, beaucoup de personnes ont suivi ses méditations, c'était un peu l'une des super-star de la spiritualité ( d'ailleurs, c'est marrant quand on y pense, à ces statuts de superstar...) . Il a écrit de nombreux livres, dont celui d'affronter son ombre.

Mais bon, c'est toujours plus facile de parler que d'appliquer, n'est-ce pas?

Pour avoir reçu des guidances soit intérieures, soit extérieures ( semble-t'il de guides énergétiques) , j'ai pu constater que les mots qui me traversaient pouvaient être beaux, chargés en énergie, mais pas toujours reflets de ce que moi je vivais à ce moment-là.

J'ai parfois eu l'impression d'être enseignée d'un chemin, mais entre le recevoir et le suivre, il y a tout un monde.

Aujourd'hui, ce que je nomme spiritualité est une pratique qui doit me connecter à la réalité, au vivant, aux autres plutôt que m'en éloigner.

La notion d'éveil existe dans mon monde, mais pas celle des éveillés.

Parce que j'ai observé qu'il était relativement facile d'atteindre des éveils, et quelques temps plus tard de se laisser rattraper par d'autres aspects de soi, plus ou moins insidieusement, qui fige cet éveil et s'y réfère constamment, recréant un nouvel ego, un nouveau personnage. J'ai l'impression que rien n'est figé et que c'est un mouvement... mais c'est aussi pour ça qu'il n'y a rien à atteindre, et beaucoup à vivre, à ressentir, à laisser agir et laisser être.

Deepak Chopra est également très bon en communication et en se créant son personnage, il a pu rencontrer beaucoup de personnes connus et se poser un leader spirituel.

Mais un réel leader spirituel a la responsabilité de faire le travail spirituel qu'il prône. Il a la responsabilité d'appliquer inlassablement ses pratiques d'éveil, de présence, de méditation, de bonté et de compassion.

Le problème c'est que nous sommes nombreux, nous humains à vouloir croire aux contes qu'on nous raconte. On a envie de croire qu'on peut faire confiance à quelqu'un qui parle de compassion et de présence.

Et on a tellement envie de croire que ça nous vole notre souveraineté.

Ce mot, là, souveraineté a été énormément utilisés ces 15 dernières années, au point de le vider de son sens ( je déteste ça, quand on vide un mot de son sens. Pour moi les mots sont précis, et nécessaires) .

Mais la souveraineté, c'est la capacité à être Soi, à être conscient de ses ressources, de ses limites, de ses frontières. C'est la capacité à se connecter par soi-même à une souveraineté saine, sans remettre son pouvoir en dehors de soi.

Et ce n'est pas forcément facile, ou une évidence dans ce monde que nous habitons.

Alors oui, ça demande de cultiver cette souveraineté, sans la durcir, sans l'imposer à d'autres, sans la transformer en luttes de pouvoir.

Pour moi, c'est doux et ferme, comme une main de fer dans un gant de velours, ou un velours dans un gant de fer.

La souveraineté est ce dont nous avons désespérément besoin actuellement, dans notre monde qui change d'énergie en arrière-plan. Nous voyons des choses comme des institutions vaciller et ça crée du chaos et de la panique.

Mais au fond, il nous est peut-être proposé de grandir , de gagner en maturité et de passer d'un modèle enfant ou adolescent à un modèle adulte.

Apprendre la présence, la justesse, la saine compassion, la capacité à tenir compte du Vivant et à le protéger, ce sont des capacités qu'on peut tous apprendre.

Tous les jours nous rencontrons des occasions de pratiquer, de revenir à du présent, alors que nous sommes accaparés par des millions d'informations, dont la plupart ne sont que chimères...

Je ne dis pas qu'il faut brûler tout le travail de Chopra, hein, mais c'est un énième signe qu'il ne faut pas confondre une lanterne et la lune.

Ni celui qui raconte versus l'enseignement en lui-même.

Et urgemment, il nous faut cultiver notre souveraineté.

Celle-ci ne sera pas toujours douce.

Alors que j'en avais peur il y a quelques années, je crois maintenant que la saine colère est nécessaire.

La saine colère nous prévient quand l'intégrité a été bafouée, et clairement, dans l'affaire Epstein, il y a de quoi être en rage devant la complicité ( si ce n'est la folie) de nombreuses personnes. Hommes et femmes concernés. Je précise, parce que oui, on parle ici de complicités, de patriarcat, mais des femmes aussi sont concernées par ce silence et cette complicité.

Nous devons exiger enquêtes, clarté et application des lois de façon nette.

Tant que nous ne recréons pas des cadres sains, la sécurité est compromise et du coup, la confiance dans notre société aussi.

Les personnes concernées doivent assumer leurs actes et leur duplicité.

Mais c'est un travail long et compliqué, qui se heurte à des choses sombres. Honte, dissimulation, peur, bâtons dans les roues, puis menaces....

C'est souvent des cycles comme ça qui se répètent.

Individuellement, il y a aussi du taf.

Revenir en soi, à la souveraineté.

Apprendre à ne plus outsourcer notre spiritualité, et réapprendre à se connecter par soi-même , dans une connexion directe à la Nature, aux animaux,aux plantes, à ce qui nous entoure.

C'est simple, et c'est progressif et c'est une pratique régulière, mais c'est ça qui justement peut nous permettre de recréer des systèmes plus sains et plus vivants.