Pourquoi materner son enfant?

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Pourquoi materner son enfant ?

Le terme de maternage est un terme actuel pour désigner une façon particulière de s’occuper de son enfant : on le chérit, on le câline, on l’écoute, on recherche la proximité…

Décrié parfois comme étant une nouvelle forme d’esclavage que les parents s’imposent, le maternage est également un mode de vie et de pensée.

Le maternage comme une évidence

On parle fréquemment de l’instinct maternel comme étant naturel or certaines études ont montré que cet  » instinct maternel  » était une notion fourre-tout puisque elle dépend en fait d’un certain nombre de paramètres.

Condition de la naissance, taux d’ocytocine, transmission familiale pour n’en citer que quelques uns, l’instinct maternel est la résultante de cette combinaison et est sensé donner à la maman la capacité innée de prendre soin de son enfant.

Or il peut arriver qu’on ne ressente pas cette instinct, cet attachement inné à l’enfant qui vient de naître.

Alors on apprend à le rencontrer, peu à peu.

Une chose est sûre, c’est qu’entendre pleurer un bébé est une expérience désagréable pour ses parents. Si désagréable, qu’ils n’ont, d’une certaine façon pas d’autre chois que de s’occuper de lui pour faire cesser le pleur.

C’est d’ailleurs l’une des fonction du pleur : provoquer chez le parent une réponse adaptée au besoin exprimé dans le but de maintenir la survie de l’espèce.

Et c’est là que le maternage intervient.

Par « Maternage », on décrit l’attitude qui consiste à prendre son bébé dans les bras, le bercer, le porter, l’allaiter, le masser, et, plus tard, l’écoute des émotions, l’éducation bienveillante, la recherche d’une relation sans gagnant ni perdant…

Parfois cette pratique vient naturellement aux parents. Et oui, malgré ce terme somme toute un peu sexiste, le maternage touche aussi les papas…On devrait d’ailleurs parler de « Parentage » pour honorer tous ces nouveaux pères qui prennent leur place de guide et d’accompagnant de leur enfant.

Parfois cette pratique ne vient pas naturellement , soit parce que les parents ont une vision culturellement éloignée de la pratique de la proximité parent/ enfant, soit parce que leur transmissions leur « interdisent » cette proximité, par exemple avec la peur de gâter l’enfant, ou encore parce que l’attachement avec leur bébé a été difficile.

Dans un cas comme celui-ci, la pratique du peau à peau et de la proximité peut permettre de peu à peu passer outre les résistances et commencer à aimer sérieusement son enfant, parce que cette pratique favorise, au niveau physique, la montée de l’ocytocine, l’hormone du plaisir et de l’attachement.

Dans les cas extrêmes de difficultés maternelles, cette approche peut se faire sous la surveillance d’une équipe médicale spécialisée en maternologie.

Mon approche du maternage

J’ai découvert le maternage dès la naissance de ma première enfant, il y a douze ans.

A l’époque, j’avais déjà envie d’accoucher de façon naturelle et physiologique et même si je n’avais pas lu beaucoup de livres pendant ma grossesse, je m’apprêtais à suivre doucement le chemin tracé par ma meilleure amie dont les enfants étaient nés avant les miens.

Je n’étais pas préparée à avoir un bébé qui pleurait beaucoup, de jour si je m’éloignais comme de nuit.

Ma puce ne dormait que rarement en sieste, à part en écharpe, et encore, et se réveillait tous le s3/4 d’heure la nuit.

Et cela a duré de nombreux mois…voire années puisqu’elle n’a fait « mes » nuits qu’à partir de 3 ans.

Pour moi le maternage a été une question de survie.

Ne pas dormir ma nuit pendant de nombreux mois (alors qu’auparavant j’étais une marmotte), je l’ai vécu comme un séisme.

Je me suis sentie en hypervigilance pendant une longue période pendant laquelle il m’était difficile de me reposer : j’en étais même à accueillir avec gratitude le jour qui se levait parce que cela signifiait que j’allais pouvoir me lever aussi, la mettre en écharpe, et au moins faire quelque chose plutôt que de rester allongée, à la disposition d’un bébé au sein qui pleurait si je me déplaçais.

L’allaitement et le portage en écharpe ont donc été des outils déterminants pour moi. Mais à cela, j’ajoute aussi la découverte des livres de Isabelle Filliozat, Haïm Ginnott, Marshall Rosenberg, Alice Miller et Jean Liedloff qui ont façonné ma façon d’être avec mes enfants.

Je ne regrette pas mes choix, ni ce que j’ai expérimenté avec eux. J’ai appris beaucoup sur moi, j’ai guéri , aussi, beaucoup de choses… Et j’ai cheminé et je chemine encore depuis…

Pourtant, j’aimerais également mettre en garde les jeunes parents, toujours en l’illustrant de mon expérience.

J’ai commencé à lire beaucoup sans me connaître vraiment au départ.

Et parfois, en bon « bébé girafe » j’ai appliqué maladroitement des phrases, des principes d’éducation non violente. J’ai appris à parler girafe, mais parfois sans aller en profondeur dans mes valeurs à moi, dans ce que j’étais.

C’est assez courant, parfois on essaie d’agir pour s’opposer à ce qu’on a reçu. Parfois, au contraire, on essaie d’élever nos enfants comme nous avons été élevé.

Mais ce que j’aimerais transmettre, c’est cette notion que finalement, pour créer une belle éducation pour nos enfants, il est indispensable de nous éduquer nous-même, de découvrir notre authenticité pour vraiment communiquer avec notre entourage à partir du cœur.

Pourquoi travailler sur nous?

Simplement parce que si nous communiquons en souhaitant faire faire quelque chose à nos enfants (les faire obéir, les faire goûter à nos petits plats ou les obliger à être poli), même en étant doux, même en leur donnant le sein pour les apaiser (voir les mécanismes de contrôle selon Aletha Solters), même en utilisant des tournures de CNV (Communication Non Violente), nous sommes en train de faire de la manipulation déguisée.

Soyons clair : Nous le faisons tous. Manipuler l’autre pour obtenir la satisfaction de nos besoins.

Mais précisément, le but du jeu étant de construire une relation aimante et sécurisante avec nos proches, nous avons le devoir de clarifier nos intentions, d’apprendre à décoder nos propres stratégies et de communiquer humblement.

Et alors, quoi de plus sécurisant pour un enfant que de recevoir un contact physique, une caresse, un câlin dans la joie d’être accueilli pour ce qu’il est plutôt que dans l’espoir de le changer ?

Et en même temps peut-être que vous vous dites que nous sommes responsables de leur éducation. Responsables aussi de ce que nous leur transmettons.

Et nous ne pouvons pas autoriser toutes les attitudes et les comportements.

C’est exact.

Mais Haïm Ginott disait : « Si tous les sentiments sont acceptables, tous les comportements ne le sont pas. »

On peut comprendre les émotions et les sentiments des enfants, des besoins, devrais-je dire, mais on peut aussi refuser d’accepter les stratégies qu’ils emploient pour les satisfaire.

Mais pour arriver à distinguer ces nuances, il est important de travailler sur soi, de se former, de se donner de l’empathie si nécessaire pour pouvoir à notre tour devenir le refuge de notre enfant.

Parce que je crois que l’émergence du maternage correspond à ce besoin de construire un lieu sécurisant pour l’enfant en nous pour que plus tard, grâce à sa base affective, l’enfant puisse construire son propre lieu- ressource à l’intérieur de lui-même.

De nos jours, tout bouge tellement vite que le lieu-ressource n’est plus un endroit physique, mais plutôt un jardin intérieur ou un état d’être.

Au final, le maternage est l’un des chemin les plus spirituels que je connaisse, tant il oblige les parents à aller à la fois au-delà d’eux même, et en-dedans, au plus profond de leur être pour découvrir leurs ressources.

Parce que malgré la difficulté, parfois, à accompagner vos enfants, je vous assure que vos ressources sont totalement adéquates et insoupçonnables pour peu que vous alliez les découvrir en vous.

Si vous ressentez le besoin d’être accompagnés, n’hésitez pas à me contacter ou à commenter mon article sur ma page facebook Isabelle Salomon Thérapeute

Comments

  1. treinta on 31 août 2015 at 14 h 00 min said:

    mMerci pour votre témoignage.Je m’interroge quand même: où était le papa de votre enfant quand vous n’en pouviez plus? N’a-t-il pas pris le relais à certains moments? (poser bébé sur votre sein, porter bébé et vous laisser dormir )? Que pensez-vous du néologisme « paterner »?Je m’excuse par avance s’il n’était plus présent physiquement…

  2. Bonsoir,
    Le papa était présent et tout aussi désemparé. Notre fille hurlait de plus belle quand quelqu’un d’autre que moi essayait de la prendre.
    c’est un papa paternant, même s’il avait du mal à se réveiller en pleine nuit…
    Et nous étions de jeunes parents qui ont appris, au fur et à mesure, comme tout le monde. Il a été extrêmement soutenant chaque fois que j’ai été sur le point de perdre patience émotionnellement, ou chaque fois que je lui ai demandé de prendre le relais, même 5 minutes. Le temps que je retrouve mon second souffle pour pouvoir accompagner mes enfants.
    La parentalité est toute une aventure, pour la mère comme pour le père…

  3. Merci pour ces précisions.

    Il y a beaucoup de mamans qui n’osent pas se reposer sur le papa et beaucoup de papas qui n’osent pas « paterner ».

    A vous les mamans, n’hésitez pas à réveiller votre mari et à vous rendormir si vous êtes épuisées. Il en va de votre équilibre mental et donc de l’équilibre affectif de votre bébé.

    Une maman très protectrice, complètement « gaga », mais pas asservie.

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